Intégrer la nature en ville :
les initiatives à développer

Actualité

Le 15 janvier 2018

Réintégrer la nature en ville. Remplacer le béton par des potagers. Cela peut paraître un peu fou, mais c’est pourtant l’une des tendances fortes en matière d’aménagement.

 

 

La présence d’espaces verts en ville, outre un aspect écologique indéniable, est source de bien-être pour les habitants et apporte une réelle plus-value à l’ensemble des biens immobiliers urbains. Une tendance qui se développe particulièrement ces dernières années, tandis que 8 Français sur 10 souhaitent emménager près d’un espace vert.

De nombreuses initiatives voient le jour pour réintégrer la nature au cœur de la ville : installation de ruches, aménagement de jardins communautaires…

Une initative éco-responsable

Une construction éco-responsable ne se réduit pas uniquement à l’application de la norme RT 2012 ou à la construction de bâtiments BBC. Les différentes initiatives liées à l’implantation de la nature en ville permettent également aux promoteurs et aux constructeurs de responsabiliser la construction immobilière.

La préservation de la nature en ville possède un impact significatif sur l’environnement et la biodiversité. Ces projets passent entre autres par le développement des toits végétalisés, qui contribuent à rétablir une harmonie entre ville et nature.

Faire le choix d’implanter des espaces verts au sein de leurs locaux constitue pour les entreprises une excellente occasion de mettre en avant leur engagement éco-responsable. Un projet qui s’ancre dans les valeurs de l’entreprise et favorise l’engagement des collaborateurs, à l’exemple des potagers de toit ou des jardins partagés.

Les nouvelles tendances de la nature en ville

Conscientes des enjeux environnementaux, les entreprises se lancent donc de plus en plus dans la création d’espaces verts. Basée à Vaise, la société Groupama Rhône-Alpes Auvergne a ainsi transformé son toit en véritable jardin potager, avec la contribution de La Marmite Urbaine, spécialiste de l’agriculture biologique. D’autres sociétés comme BNP Paribas et ERDF ont rejoint le mouvement en intégrant la nature dans leurs locaux. Ces corporate gardens mettent à contribution les collaborateurs, qui trouvent dans le jardinage une activité bienfaitrice permettant de relâcher le stress du quotidien.

Les toits végétalisés, ou toits verts, connaissent par ailleurs un succès croissant. Cette solution à la fois esthétique et écologique regorge d’avantages. Les toits végétaux améliorent la qualité de l’air, participant à rendre le climat urbain plus sain. Ils offrent également une isolation thermique et acoustique conséquente. Enfin, un toit végétalisé représente une réelle plus-value esthétique pour l’ensemble de la ville. Actuellement, la France est en retard sur ses voisins : alors que 3 millions de mètres carrés de toits sont végétalisés chaque année en Allemagne, seuls 200 000 le sont dans l’Hexagone.

Autre initiative qui monte en puissance : l’installation de ruches de toit. Ainsi, depuis quelques années, Grand Lyon Habitat dispose de ruches sur les toits de ses différentes implantations lyonnaises. Le miel ainsi récolté est en majorité distribué aux salariés. Les ruches urbaines sont une aubaine pour la biodiversité : en effet, les abeilles se portent mieux en ville, car elles y subissent moins d’exposition aux pesticides et ressentent moins les aléas climatiques qu’à la campagne. Confirmant le phénomène, des sociétés spécialisées voient le jour, comme des apiculteurs urbains qui proposent d’intervenir dans les entreprises pour installer et entretenir des ruches de toit.

D’autre part, les villes prennent à cœur cette problématique écologique. La mairie de Paris prévoit de végétaliser une centaine d’hectares de toits à horizon 2020, dont un tiers en cultures potagères, de même qu’elle développe un projet de réintroduction des espèces animales. De nombreuses entreprises se sont associées à la charte « Objectif 100 hectares » proposée par la capitale.

Un facteur d’attractivité et de bien-être

Nous l’avons vu, la création d’espaces verts en ville est sans cesse encouragée pour améliorer la qualité de vie des habitants. Cette tendance se développe fortement dans les bâtiments résidentiels tout comme en immobilier d’entreprise. Plus qu’un simple effet de mode, cet engouement pour la nature en ville s’attache non seulement à des raisons de santé, mais aussi au bien-être et au confort de vie des citadins.

Outre leur aspect esthétique, qui favorise indéniablement le bien-être des occupants, les espaces naturels favorisent également le lien social grâce à des projets incitant à la participation de chacun. Jardins partagés, microfermes et autres potagers urbains sont ainsi créés dans une logique de partage et de convivialité. Ces espaces permettent aux citadins de profiter d’une bulle d’oxygène au cœur de la ville, et participent à créer une réelle attractivité pour les zones urbaines concernées.

C

Une plus-value pour l’immobilier

Côté résidentiel, la demande de biens végétalisés est importante : les espaces verts constituent en effet un critère décisif dans le choix d’un bien immobilier, pour l’achat comme pour la location.
La présence d’un espace naturel à proximité directe d’un logement lui apporte une valeur ajoutée considérable. Une étude menée par le cabinet Astérès montre qu’un espace vert situé à 100 mètres d’un bien immobilier peut représenter jusqu’à 10 000 € de plus-value.

La demande pour ce type d’aménagements se confronte néanmoins aux limites du foncier disponible. Les acteurs de la construction doivent donc intégrer ce critère de végétalisation au cœur de la conception du projet, afin de dynamiser l’espace urbain et d’augmenter l’attractivité des biens.