Our Blog

Performances énergétiques et rénovation : être volontaire, mais aussi pragmatique

Rénover un bâtiment, c’est exercer l’art délicat de respecter ce dernier ainsi que les exigences réglementaires en matière de performances énergétiques, le tout sans faire exploser les coûts. Une vision pragmatique reste sans doute la meilleure façon de trouver le meilleur compromis.

 

Performance énergétique : une évolution à prendre en compte

Les exigences en matière de performances énergétiques progressent régulièrement. Une évolution justifiée par l’apparition de matériaux plus avancés et de techniques toujours mieux maîtrisées, qui permettent logiquement de prétendre à des bâtiments plus économes, moins dépendants d’énergies fossiles, plus respectueux de notre environnement et de notre santé.

 

Face à ces enjeux énergétiques, mais aussi économiques et sociaux, des associations, comme Effinergie, assistent les pouvoirs publics, afin de stimuler l’évolution de la réglementation thermique (RT) française.

  .

Des labels pour aller plus loin

EffinergieDifférents labels ont vu le jour, avec toujours pour objectif d’élever le niveau d’exigence par rapport à la réglementation en place. La RT 2012 est ainsi basée en partie sur les recommandations du label BBC-Effinergie 2005.

 

Les labels BBC-Effinergie Rénovation et HPE Rénovation (pour les bâtiments construits avant 1948) et Effinergie Rénovation et Rénovation 150 (pour ceux édifiés après cette date) proposent d’abaisser considérablement la norme établie par la RT 2005 en matière de consommation d’énergie. De 250 kWh/m²/an, on passe à 150 kWh/m².an, voire à 80 kWh/m².an (à moduler en fonction de la zone climatique et de l’altitude) pour les recommandations de l’association Effinergie.

 

Au 30 septembre 2016, ces labels, délivrés par des organismes certificateurs indépendants (Cequami, Cerqual, Certivea et Promotelec), concernaient près de 100 000 logements et 3 millions de m² de tertiaire, 90% de cette surface étant dévolue aux bureaux. Le marché est bien plus vaste encore : en France, ce ne sont pas moins de 31 millions de logements et de plusieurs centaines de millions de m² de bâtiments tertiaires qui sont concernés par une potentielle rénovation.

 

BBC-Effinergie Renovation : l’exemple d’Arioste

Dans cette course sans fin qui vise à améliorer toujours plus la performance énergétique, quelques acteurs volontaires tirent donc leurs épingles du jeu. Ils sont capables d’adapter leurs méthodes et leur fonctionnement à cet enjeu, et d’affirmer leur savoir-faire.

 

Parvenir aux résultats permettant la certification BBC-Effinergie Renovation suppose en effet de travailler sur de multiples postes (isolation, chauffage, refroidissement, ventilation, production d’eau chaude sanitaire, éclairage des locaux), avec à chaque fois la nécessité d’une véritable expertise. A l’échelle d’un bâtiment entier, le chantier est déjà complexe. Il l’est encore davantage si l’on ne doit travailler que sur une partie seulement d’un immeuble, les contraintes étant bien plus importantes.

 

C’est pourtant le pari qu’a fait Arioste pour établir son siège social de 362 m², en plein cœur d’un immeuble du 2e arrondissement de Lyon.

 

Bureaux Arioste

 

Cette rénovation, Arioste l’a réalisée sans toucher aux façades extérieures, en mettant en valeur les beaux volumes du lot et profitant à plein de l’emplacement exceptionnel du lieu, en bord de Rhône. Un défi à la hauteur de la capacité d’innovation de l’entreprise, qui a pour l’occasion été la première à bénéficier du label BBC-Effinergie Renovation pour un lot inclus dans un bâtiment existant.

 

Une réhabilitation preuve du savoir-faire de la société et de sa capacité à revaloriser un actif immobilier. Pour autant, la performance énergétique ne doit pas être une fin en soi. D’autres considérations sont à prendre en compte au moment de la rénovation, comme le respect de l’existant et de son historique, ou les coûts associés à la recherche de la performance énergétique.

 

Le pragmatisme, avant la nouvelle RT

Tenter d’obtenir un label, c’est avant tout une démarche volontaire. Cela permet de valoriser la rénovation effectuée, c’est un fait, car le bâtiment est alors prévu pour assurer des dépenses énergétiques (et donc des coûts de fonctionnement) moindres. Un investissement durable. Du moins en théorie.

 

Car la performance de tout bâtiment est conditionnée par le bon usage de celui-ci. Il convient d’être pédagogue quant aux différents dispositifs mis en place, mais aussi et surtout à l’écoute des besoins réels des personnes qui vont utiliser le bâtiment à rénover.

Le pragmatisme est sans nul doute une valeur essentielle pour trouver le meilleur compromis, entre investissement initial et performances dans la durée.

 

Une nouvelle RT qui se fait attendre

Finalement, seul un changement de réglementation thermique contraint les acteurs du bâtiment à faire évoluer radicalement leurs propositions, sans possibilité de compromis.

 

Un arrêté définissant les exigences à appliquer aux rénovations par élément a été publié au journal officiel du 25 mars 2016 (modifiant l’arrêté du 3 mai 2007). Applicable au 1er janvier 2018, il ne s’applique cependant pas aux bâtiments construits après 1948, de SHON supérieure à 1 000 m², et dont le montant des travaux de rénovation thermique reste supérieur à 25% de la valeur du bâtiment. Dans ces cas, qui correspondent aux rénovations dites « lourdes », ce sont encore des obligations qui sont proches de celle de la RT (dite globale) de 2005 qui s’appliquent.
Cette RT par élément constitue une avancée, mais elle « ne permet pas en l’état en l’état de répondre aux objectifs de la loi de transition énergétique. Pour cela, il va falloir revoir d’urgence l’ensemble de la réglementation thermique sur l’existant » met ainsi en garde Effinergie.

 

En attendant que les pouvoirs publics se décident à transformer l’essai (puisqu’eux seuls le peuvent), le travail de l’association et d’entreprises volontaires comme Arioste permet aux acteurs du bâtiment de se préparer aux enjeux énergétiques de demain.